Les Beaux-arts.

L'annexe de l'avenue Montaigne.


    Alors que les Beaux-arts étaient absent de l'exposition londonienne, une annexe des beaux-arts fut édifiée par M. Lefuel, avenue Montaigne, non loin de la Seine, sur 20.000 mètres carrés. Mère des Arts et du Goût, la France décide donc d'assigner aux Beaux-Arts la place qu'ils méritent et leur consacre un bâtiment spécial. Ils seront désormais représentés à chaque exposition.


.1855, palais des beaux arts Montaigne

Palais des beaux-arts sur l'avenue Montaigne.


    Sur 10 mètres sur 72, ce pavillon indépendant du palais de l'industrie abritait 5000 objets dont 2700 uniquement pour la section française. La façade principale formait un hémicycle dans lequel se dessinaient 7 baies couronnées d'archivoltes de style mauresque. En entrant, le visiteur pouvait admirer des œuvres danoises, suédoises, italiennes et américaines, ainsi que les écoles d'Angleterre, d'Allemagne et de Belgique.
    On peut distinguer les peintres officiels qui  jouissaient chacun à leur propre salle: Ingres qui présente 40 toiles (Apothéose d'Homère, le triomphe de Napoléon 1er, portraits et odalisques), Delacroix 35 œuvres (Scène de massacre de Scio, la Justice de Trajan, les Femmes d'Alger), Horace Vernet : 22 tableaux, Decamps 45 tableaux, des autres peintres tels que Meissonier, Cabanel, Chasseriau, Couture, Flandrin, Gérôme, Winterhalter ainsi que les paysagistes : Corot, Rousseau, Diaz de La Pena et le marginal  Courbet.

    La série de photographies de cette époque restitue parfaitement l'accrochage: les parois des salles et des galeries furent divisées en trois zones. La première zone, placée immédiatement au dessus des cimaises, fut consacrée aux tableaux de petites dimensions, la seconde zone fut occupée par les tableaux de moyenne grandeur, les portraits, paysages et enfin la troisième zone, placée dans la partie la plus élevée des parois, servaient le placement des ouvrages d'un mérite plus secondaire ou de grandes dimensions.

    La série de photographies de cette époque restitue parfaitement l'accrochage: les parois des salles et des galeries furent divisées en trois zones. La première zone, placée immédiatement au dessus des cimaises, fut consacrée aux tableaux de petites dimensions, la seconde zone fut occupée par les tableaux de moyenne grandeur, les portraits, paysages et enfin la troisième zone, placée dans la partie la plus élevée des parois, servaient le placement des ouvrages d'un mérite plus secondaire ou de grandes dimensions.

    Gustave Courbet, 36 ans, jugé trop avant-gardiste, vit ses œuvres refusée par la commission impériale. Mécontent de s'être vu refusé sa grande composition "l'Atelier" (conservée au musée d'Orsay)., il décida de monter une baraque « off », un pavillon sommaire de bois et de briques qui accueille quarante de ses compositions. L'exposition intitulée : "Le réalisme, par G Courbet, propose aux visiteurs 40 tableaux de son œuvre. Prix d'entrée 1 franc". Il y exposait entre autres L'enterrement d'Ornans et l'Atelier du peintre, deux toiles qui avaient amené la discorde entre l'artiste et le jury. Ce fut sans contexte le premier salon indépendant de l'histoire de l'art.


1855, palais des beaux arts